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Page:Arnaud - De la frequente communion, 1643.djvu/235

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qui ramaſſeroit tout ce que diſent Hyppocrate & Galien touchant la nourriture de ceux qui ſe portent bien, pour en conclure que les malades, ou ceux qui ne font que ſortir de maladie, ſe doiuent ſeruir du meſme regime de viure.

Mais pour vous monſtrer, qu’en tout cecy ie ne deſire rien dire de moy-meſme ; eſcoutez ce que ſainct Bonauenture nous enſeigne ſur la meſme queſtion que vous propoſez ; s’il vaut mieux Communier ſouuent, que rarement ; & ſur le meſme exemple, dont vous vous ſeruez, des frequentes Communions de l’Egliſe primitiue. Ce grand homme, dont Gerſon prefere la doctrine à celle de tous les autres Scholaſtiques, dans ſon Commentaire ſur le Maiſtre des Sentences, apres auoir rapporté ce qui ſe peut dire de part & d’autre touchant la frequente reception de l’Euchariſtie, forme en fin ſa deciſion en ces excellentes paroles ; Si l’on demande s’il eſt vtile de Communier ſouuent ; il faut reſpondre que ſi vne perſonne reconnoiſt, qu’elle eſt dans l’eſtat où eſtoient les Chreſtiens de l’Egliſe primitive, c’eſt à dire, comme il l’explique auparauant, dans la ſaincteté du Bapteſme, dans l’innocence, dans la charité, dans l’ardeur du S. Eſprit ; elle fait bien de les imiter en Communiant tous les iours ; mais ſi elle reconnoiſt qu’elle eſt dans l’eſtat de l’Egliſe finiſſante, c’eſt à dire qu’elle eſt froide & lente dans les choſes de DIeu, elle eſt loüable de ne Communier que rarement.