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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/404

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de briser les mottes ; la terre est trop humide. Qu’on apporte de chez moi la grive et les deux pinsons : il doit y avoir aussi dans la maison de la présure et quatre morceaux de lièvre, à moins que le chat n’en ait volé le soir ; car il faisait je ne sais quel bruit et quel tapage dans la maison. Enfant, apportes-en trois pour nous, et donnes-en un à ton père. Demande à Æskhinadès des myrtes avec leurs baies : en même temps, car c’est sur le chemin, qu’on invite Kharinadès à venir boire avec nous, tandis que le Dieu propice favorise nos guérets.

Pendant que la cigale chante sa douce chanson, il m’est doux de regarder si les vignes de Lemnos commencent à mûrir ; car leur fruit est d’une nature précoce : j’aime à voir également grossir la figue ; quand elle est mûre, je la mange lentement, et je m’écrie : « Heures aimées ! » puis j’absorbe du thym broyé, et j’engraisse dans cette saison de l’été plus que quand je vois un taxiarkhe haï des dieux, ayant trois aigrettes et une robe de pourpre des plus voyantes, qu’il dit être une teinture de Sardes. Mais s’il lui faut combattre, vêtu de cette robe, alors il se teint lui-même en teinture de Kyzikos : il est le premier à fuir comme un hippalektryôn jaune, en agitant ses aigrettes ; et moi, je reste à veiller aux filets. Lorsque ces gens sont ici, ils font des choses intolérables, inscrivant les uns, effaçant les autres à tort et à travers, jusqu’à deux ou trois fois. « C’est demain le jour du départ ; » et tel ou tel n’a pas acheté de vivres ; car il ne savait rien en sortant, et, en passant près de la statue de Pandiôn, il se voit inscrit, et, pris au dépourvu, il court versant des larmes sur sa malechance. Voilà comment ils nous traitent, nous, hommes de la campagne, tandis que ceux de la ville sont moins malmenés par ces déserteurs de bouclier, méprisés