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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/351

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eux-mêmes, ceux-ci ont logé la Guerre, en vous livrant absolument à sa discrétion. Eux alors sont allés demeurer le plus haut possible, afin de ne plus voir vos combats et de ne plus entendre vos supplications.


TRYGÆOS.

Et pourquoi nous traitent-ils ainsi ? Dis-le-moi.


HERMÈS.

Parce que vous avez préféré la guerre, lorsque souvent ils vous ont ménagé la paix. Si les Lakoniens remportaient le plus mince avantage, ils disaient : « Par les deux Dieux, aujourd’hui les Attiques nous la paieront. » Et s’il arrivait quelque succès à vous, Attiques, vainqueurs à votre tour, quand les Lakoniens venaient traiter de la paix, vous disiez tout de suite : « On nous trompe par Athèna, par Zeus, il ne faut pas s’y fier. Ils reviendront tant que nous aurons Pylos. »


TRYGÆOS.

C’est bien là le sens local de nos paroles.


HERMÈS.

Aussi je ne sais si jamais vous reverrez la Paix.


TRYGÆOS.

Où donc est-elle allée ?


HERMÈS.

La Guerre l’a plongée dans une caverne profonde.


TRYGÆOS.

Laquelle ?