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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/346

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UNE FILLE DE TRYGÆOS.

Mon père, mon père, est-il vrai le bruit qui court dans notre maison ? On dit que, nous quittant pour le pays des oiseaux, tu vas chez les corbeaux et disparaître. Y a-t-il là quelque chose de réel ? Dis-le-moi, mon père, pour peu que tu m’aimes.


TRYGÆOS.

C’est à croire, mes enfants. Ce qu’il y a de certain, c’est que vous me fendez le cœur, quand vous me demandez du pain, en m’appelant papa, et que je n’ai pas chez moi une parcelle d’argent, ni rien du tout. Mais si je réussis, à mon retour, vous aurez un gros gâteau et une gifle pour assaisonnement.


LA JEUNE FILLE.

Mais par quel moyen feras-tu ce trajet ? Car ce n’est pas un navire qui te conduira sur cette route.


TRYGÆOS.

J’irai sur une monture ailée et non sur un vaisseau.


LA JEUNE FILLE.

Et quelle idée as-tu de harnacher un escarbot pour monter chez les dieux, mon petit papa ?


TRYGÆOS.

On voit dans les fables d’Æsopos qu’il s’est trouvé le seul des animaux parvenu chez les dieux en volant.


LA JEUNE FILLE.

Tu nous racontes une fable incroyable, petit père, comme quoi un animal si puant est allé chez les dieux.