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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/344

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Mais je vais me pencher pour voir ce qu’il fait là dedans. Ah ! quel malheur ! Accourez ici, accourez, voisins ! Mon maître s’envole là-haut, à cheval, dans les airs, sur un escarbot !


TRYGÆOS.

Tout doux, tout doux, du calme, ma monture : ne t’enlève pas fièrement d’abord et d’une force trop confiante ; attends que tu aies sué et assoupli les forces de tes membres par un vigoureux battement d’ailes. Ne va pas me lâcher une mauvaise odeur, je t’en conjure : si tu le faisais, mieux eût valu rester dans notre logis.


SECOND ESCLAVE.

Mon maître et seigneur, tu deviens fou !


TRYGÆOS.

Silence ! silence !


SECOND ESCLAVE.

Pourquoi chevauches-tu ainsi à travers les nuages ?


TRYGÆOS.

C’est pour le bien de tous les Hellènes que je vole, et que je tente une entreprise hardie et nouvelle.


SECOND ESCLAVE.

Pourquoi voles-tu ? Pourquoi te mets-tu, sans cause, hors de bon sens ?


TRYGÆOS.

Il nous faut des paroles de bon augure ; pas un mot défavorable, mais des cris d’allégresse. Recommande aux hommes de se taire, de boucher les latrines et les égouts