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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/314

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aisément, quelle que soit son ignorance première. Nous sommes, nous qui avons cet appendice au derrière, les Attiques, seuls vraiment nobles, autochthones, race la plus vaillante, qui rendit à la ville les plus nombreux services dans les combats, quand vint le Barbare, couvrant la ville de fumée, mettant tout en feu, et voulant nous enlever violemment nos ruches. Aussitôt, armés de la lance et du bouclier, nous accourons pour les combattre, le cœur enivré de colère, debout, homme contre homme, dévorant nos lèvres de fureur, la grêle des flèches dérobant la vue du ciel. Cependant, avec l’aide des dieux, nous les mettons en déroute vers le soir. Une chouette, avant la bataille, avait passé au-dessus de notre armée. Puis nous les poursuivons, les piquant comme des taons sous leurs longs vêtements, et ils s’enfuient, les joues et les sourcils criblés de dards ; si bien que chez les Barbares, partout et maintenant encore, on ne désigne rien de plus redoutable que la guêpe attique.

Certes alors j’étais terrible, n’ayant peur de rien : je mis en fuite les ennemis, cinglant où il fallait sur nos trières. Car nous n’avions pas alors le souci d’arrondir une phrase, ni la pensée de dénoncer quelqu’un, mais le désir d’être le meilleur rameur. Aussi, après avoir enlevé aux Mèdes un grand nombre de villes, méritions-nous de recevoir ici les tributs, que volent les jeunes gens.

Examinez-nous du haut en bas et sous tous les aspects, vous nous trouverez, pour le caractère et pour la manière de vivre, absolument semblables aux guêpes. Et d’abord il n’y a pas d’animal plus irritable que nous, ni plus colère, ni plus impatient. Ensuite, toutes nos différentes occupations ressemblent à celles des guêpes. Groupés par essaims, comme ceux des ruches, les uns d’entre