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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/297

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porte clandestinement, tu décréteras contre elle une simple amende, absolument comme tu le faisais au tribunal. Et tout cela se passe au mieux. Si le soleil luit dès le matin, tu jugeras au soleil. Si la neige tombe ou s’il pleut, tu t’assiéras auprès du feu, pour instruire l’affaire. Si tu te lèves à midi, aucun thesmothète ne t’exclura de l’enceinte.


PHILOKLÉÔN.

Cela me convient.


BDÉLYKLÉÔN.

Il y a plus : si un plaideur n’en finit pas, tu n’attendras pas à jeun, te rongeant toi-même ainsi que l’orateur.


PHILOKLÉÔN.

Mais comment pourrai-je bien connaître l’affaire, de même qu’auparavant, si j’ai encore la bouche pleine ?


BDÉLYKLÉÔN.

Beaucoup mieux. On dit que les juges, entourés de faux témoins, ne parviennent à connaître les affaires qu’en ruminant.


PHILOKLÉÔN.

Tu me décides. Mais tu ne me dis pas de qui je recevrai les honoraires.


BDÉLYKLÉÔN.

De moi.


PHILOKLÉÔN.

Bien : je serai payé à part, et non avec les autres. Car c’est un tour indigne que m’a joué Lysistratos, ce bouf-