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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/288

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BDÉLYKLÉÔN.

Second point de son discours que je note : « Qui permet de dédaigner la richesse. » Dis-moi maintenant les avantages que tu prétends tirer de ta souveraineté sur la Hellas ?


PHILOKLÉÔN.

Chargés de constater l’âge des enfants, nous avons le droit de voir leurs parties honteuses. Qu’Œagros soit cité en justice, il ne sera pas absous avant de nous avoir récité la plus belle tirade de Niobè. Un joueur de flûte gagne-t-il sa cause, en reconnaissance, il se bride la joue avec sa courroie, et joue un air aux juges à leur sortie. Si un père, en mourant, désigne par testament l’époux destiné à sa fille, son unique héritière, nous envoyons là-bas pleurer toutes les larmes de leur tête le testament et la coquille solennellement appliquée au cachet, et nous donnons la fille à celui dont les prières nous ont convaincus. Avec cela, point de comptes à rendre de nos actions : ce que n’a aucune autre magistrature.


BDÉLYKLÉÔN.

Effectivement, et c’est la seule des choses que tu as dites dont je puisse te féliciter. Mais, quand tu enlèves la coquille au cachet du testament d’une héritière, tu commets une injustice.


PHILOKLÉÔN.

De plus, quand le Conseil et le peuple sont embarrassés de juger sur quelque grave affaire, un décret renvoie les coupables devant les juges. C’est alors qu’Euathlos et ce grand Kolakonymos, lâcheur du bouclier, protestent