Ouvrir le menu principal

Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/286

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de ce jeune homme. Tu vois quelle est pour toi l’importance de ce combat ; c’est le tout pour le tout si, ce qu’aux dieux ne plaise, il venait à l’emporter.


BDÉLYKLÉÔN.

Qu’on m’apporte mes tablettes, et faites vite.


LE CHŒUR.

Ah ! quel air tu as en donnant cet ordre !


BDÉLYKLÉÔN.

J’y veux simplement écrire, pour mémoire, tout ce qu’il dira.


PHILOKLÉÔN.

Mais que diriez-vous s’il triomphait dans la discussion ?


LE CHŒUR.

La troupe des vieillards ne servirait plus de rien absolument. Raillés dans toutes les rues, on nous appellerait thallophores et sacs à procès. Toi donc, qui vas défendre notre souveraineté, déploie en ce moment tout le courage de ton éloquence.


PHILOKLÉÔN.

Et d’abord, dès mon entrée en la carrière, et pour point de départ, je montrerai que notre pouvoir ne le cède à aucune royauté. Y a-t-il quelqu’un de plus heureux, de plus fortuné ici-bas qu’un juge, un être plus gâté et plus redoutable, et cela, si c’est un vieillard ? Dès qu’il sort du lit, il est escorté jusqu’au tribunal par des hommes superbes, hauts de quatre coudées. Ensuite, sur la route, je me sens pressé par une main douce, qui a volé les deniers