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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/281

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nerez. J’ai entendu le crépitement de nombreuses feuilles de figuier.


LE CHŒUR.

Si tu ne le lâches pas, quelque chose te poindra.


PHILOKLÉÔN.

Ô Kékrops, héros souverain à la queue de dragon, souffriras-tu que je sois ainsi la proie d’hommes barbares, à qui j’ai appris à verser quatre mesures de larmes par khœnix ?


LE CHŒUR.

Mille maux ne viennent-ils pas fondre sur la vieillesse ? C’est évident. Voilà deux esclaves qui retiennent de force leur vieux maître. Ils laissent dans l’oubli du passé les peaux, les exomides qu’il achetait pour eux, les casquettes de chien, les services rendus à leurs pieds munis durant l’hiver contre le froid. Ils n’ont ni en eux-mêmes, ni dans leurs regards le respect des chaussures d’autrefois.


PHILOKLÉÔN.

Tu ne me lâcheras donc pas maintenant, méchante bête ? Tu ne te rappelles plus qu’un jour, t’ayant surpris volant du raisin, je t’attachai à un olivier et t’écorchai si bien et si virilement que tu faisais des jaloux. Et cependant tu es un ingrat. Mais lâchez-moi donc, toi et toi, avant que mon fils accoure.


LE CHŒUR.

Vous allez être punis bel et bien de votre conduite, avant peu ; et vous connaîtrez quel est le caractère d’hommes irascibles, justes, aux regards âcres comme le cresson.