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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/210

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lâche tes idées dans l’air, donne-leur l’essor, comme à un hanneton qu’un fil retient par la patte.


STREPSIADÈS.

J’ai une annulation d’arrêt des plus ingénieuses, tu vas en convenir avec moi.


SOKRATÈS.

Laquelle ?


STREPSIADÈS.

Tu as sans doute déjà vu chez les vendeurs de drogues une pierre belle, diaphane, au moyen de laquelle ils allumaient du feu ?


SOKRATÈS.

C’est le cristal que tu veux dire ?


STREPSIADÈS.

Oui.


SOKRATÈS.

Eh bien, qu’en ferais-tu ?


STREPSIADÈS.

Je prendrais cette pierre, et quand le greffier écrirait l’arrêt, moi, debout, à l’écart, j’emploierais le soleil à fondre les lettres de ma condamnation.


SOKRATÈS.

Sagement fait, j’en atteste les Kharites !


STREPSIADÈS.

Quelle jouissance pour moi d’effacer une condamnation de cinq talents !