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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/206

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SOKRATÈS.

Qu’as-tu donc ? que souffres-tu ?


STREPSIADÈS.

C’est fait de moi, misérable ! Du lit s’échappent des Korinthiens qui me mordent ; ils me déchirent les flancs, ils me boivent l’âme, ils m’arrachent les testicules, ils me fouillent le derrière, ils me tuent.


SOKRATÈS.

Que ta douleur ne crie pas si fort !


STREPSIADÈS.

Mais comment ? Envolé mon argent, envolée ma couleur, envolée ma chance, envolée ma chaussure, et, pour comble de maux, tout en chantant pendant que je monte la garde, envolé moi-même.


SOKRATÈS.

Hé ! l’homme ! Que fais-tu là ? Ne songes-tu pas ?


STREPSIADÈS.

Moi ? Oui, par Poséidôn !


SOKRATÈS.

Et à quoi songes-tu ?


STREPSIADÈS.

À savoir si les punaises laisseront quelque bribe de moi.


SOKRATÈS.

Va-t’en à la malheure !