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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/192

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LE CHŒUR.

Tu obtiendras donc ce que tu désires ; car tu ne vises pas au grand : livre-toi donc bravement à nos ministres.


STREPSIADÈS.

Je le ferai en toute confiance ; car la nécessité m’y contraint, étant donnés ces chevaux marqués du Koppa, et le mariage qui m’a ruiné. Maintenant que ceux-ci fassent de moi ce qu’ils voudront : je leur livre mon corps à frapper, à lui faire endurer la faim, la soif, le chaud, le froid, à le tailler en outre, pourvu que je ne paie pas mes dettes : je consens à être aux yeux des hommes insolent, beau diseur, effronté, impudent, vil coquin, colleur de mensonges, hâbleur, rompu aux procès, table de lois, cliquette, renard, tarière, souple, dissimulé, visqueux, fanfaron, gibier à étrivières, ordure, retors, hargneux, lécheur d’écuelles. Dût-on me donner ces noms au passage, qu’ils fassent de moi ce qu’ils voudront ; et, s’ils veulent, par Dèmètèr ! qu’ils me servent en andouille aux penseurs.


LE CHŒUR.

Voilà une volonté ! Il n’a pas peur, il a du cœur. Sache que dès que tu tiendras de moi cette science, tu auras parmi les mortels une gloire montant jusqu’aux cieux.


STREPSIADÈS.

Que m’arrivera-t-il ?


LE CHŒUR.

Tout le temps avec moi tu passeras la vie la plus enviable qui soit parmi les hommes.