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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/178

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haut, je ne découvrirais rien. Car la terre attire à elle l’humidité de la pensée. C’est précisément ce qui arrive au cresson.


STREPSIADÈS.

Que dis-tu ? Ta pensée attire l’humidité sur le cresson ? Mais maintenant descends, mon petit Sokratès, afin de m’enseigner les choses pour lesquelles je suis venu.


SOKRATÈS.

Pourquoi es-tu venu ?


STREPSIADÈS.

Je veux apprendre à parler. Les prêteurs à intérêts, race intraitable, me poursuivent, me harcèlent, se nantissent de mon bien.


SOKRATÈS.

Comment t’es-tu donc endetté sans le savoir ?


STREPSIADÈS.

C’est l’hippomanie qui m’a ruiné, maladie dévorante. Mais enseigne-moi l’un de tes deux raisonnements, celui qui sert à ne pas payer, et, quel que soit le salaire, je jure par les dieux de te le payer.


SOKRATÈS.

Par quels dieux jures-tu ? D’abord les dieux ne sont pas chez nous une monnaie courante.


STREPSIADÈS.

Par quoi jurez-vous donc ? Est-ce par de la monnaie de fer, comme à Byzantion ?