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Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/152

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KLÉÔN.

Je volais pour le bien de l’État.


DÈMOS.

Dépose à l’instant cette couronne, pour que je la mette au front de l’homme que voici.


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

Dépose-la vite, gibier à étrivières.


KLÉÔN.

Non certes ; j’ai par devers moi un oracle Pythique, désignant celui-là seul par qui je dois être vaincu.


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

Et c’est mon nom qu’il indique : c’est par trop clair.


KLÉÔN.

Mais je veux te convaincre avec preuve si tu as le moindre rapport avec les paroles du Dieu. Tout enfant, à l’école de quel maître allais-tu ?


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

C’est dans les cuisines que j’ai été formé à coups de poing.


KLÉÔN.

Que dis-tu ? Ah ! cet oracle s’adapte à mon idée ! Bien ; et chez le maître de palestre quel exercice apprenais-tu ?


LE MARCHAND D’ANDOUILLES.

À voler, à me parjurer, à regarder en face la partie adverse.