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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/494

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Je ne vous rappellerai pas l’histoire de vos malheurs : le souvenir n’en doit être conservé que pour vous en faire éviter de semblables à l’avenir… La Constitution de la République, ouvrage des Représentans de tous les départemens, a établi de sages garanties contre l’arbitraire. Si, depuis quatorze ans, elle a fait le bonheur de ceux qui lui sont restés fidèles, elle fera également le bonheur de ceux que le rebelle Christophe avait entraînés dans l’erreur et qui se rallient aujourd’hui au gouvernement constitutionnel…

Je regrette que le sang, dont je serai toujours avare, ait coulé le 18 de ce mois : toute ma sollicitude tendra à l’épargner. Mon ordre du jour, du 17, envoyé exprès au Cap, par mes aides de camp, n’a pas dû y arriver assez tôt pour sauver la vie aux fils de Christophe et à quelques officiers qui s’étaient fait trop remarquer, en exécutant ses ordres barbares…

Haïtiens ! le passé est oublié !… Rendons grâces à l’Être suprême qui nous a permis de nous réunir, pour nous donner mutuellement le baiser fraternel. Invoquons sa toute-puissance, afin qu’il nous inspire des idées de paix et de sagesse, et que nous puissions laisser à nos enfans, une existence assurée, un pays libre et indépendant.

Vive la République ! Vive la Constitution ! Vivent la Liberté et l’Égalité ! »

Il y a des pensées patriotiques dans cette proclamation du chef de l’État, du successeur de Pétion qui avait fondé la République pour garantir les droits et assurer le bonheur du peuple haïtien tout entier ! Pétion lui avait tracé un noble exemple dans la pacification du Sud. Dans l’une et l’autre circonstance, c’étaient des frères, des enfans d’une