Ouvrir le menu principal

Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/484

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


des choses, lorsqu’ils ont quitté cette première ville[1].

« Le président Boyer attribue au 8e régiment le mérite d’avoir, le premier, donné l’exemple de la prise d’armes pour résister à la tyrannie. Tout en admirant la résolution déterminée de ce brave régiment, les généraux organes du peuple et de l’armée croient devoir faire connaître que c’est au Cap qu’a été conçu et exécuté le grand plan qui a renversé l’hydre de la tyrannie et du despotisme, et rétabli le peuple dans ses droits, et que cette conjuration date d’une époque bien antérieure à cette prise d’armes du 8e régiment[2].

« Les généraux organes du peuple et de l’armée étaient loin de penser qu’au moment où leurs envoyés étaient en route avec des dépêches pour le président Boyer[3], pour lui faire part de l’heureux succès de leur entreprise et de l’ordre qui règne dans tout le Nord, il eût entrepris de faire des expéditions de troupes sur différens points, pour envahir le territoire du Nord-Ouest, expéditions qui ne peuvent être considérées que comme hostiles, vu que tout est dans l’ordre, ce qui, indubitablement, amènerait à des rixes où le sang haïtien coulerait inutilement par le fait des mouvemens de quelques imprudens, lorsque les deux partis doivent être avares de ce sang précieux.

Pour obvier à ces conséquences funestes, que de semblables expéditions entraîneraient infailliblement, les généraux organes du peuple et de l’armée, pénétrés de

  1. Ils n’arrivèrent à Saint-Marc que le 18, un jour après Constant Saul. Il est impossible qu’ils n’y fussent pas arrivés plus tôt, s’ils étaient réellement partis du Cap le 9.
  2. La conspiration du Cap a pu être conçue et machinée auparavant ; mais elle n’a éclaté que le 6 octobre, quatre jours après l’insurrection de Saint-Marc.
  3. Adonis et Michaud ne furent point porteurs de dépêches : cette allégation était contraire à la vérité ; du moins, s’ils en avaient, ils ne les remirent point.