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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/466

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l’étranger tous les approvisionnemens de guerre, les effets d’habillement et d’équipement pour ses troupes, et surtout tous les objets de grand luxe qui ornaient son palais de Sans-Souci et ses châteaux, qui servaient à sa personne et à celle des membres de sa famille, — couronnes enrichies de diamans et autres pierres précieuses, carrosses, etc., etc.

Mais le peuple du Nord et de l’Artibonite était-il heureux sous une telle administration ? Si Christophe avait l’intelligence du despotisme, il n’avait certainement pas la bienveillance d’un législateur, d’un chef de gouvernement humain. Ses prôneurs, étrangers ou nationaux, ne jugeaient des choses qu’à leur superficie, à l’apparence de la prospérité factice qui en découlait. L’armée, les généraux, nobles de tous étages, le peuple enfin, jugèrent différemment en conspirant, en se révoltant contre le tyran, dès que la Providence eut marqué la fin de son règne, en le frappant d’impuissance physique. Son prestige, son pouvoir s’écroulèrent aussitôt, et il n’eut d’autres ressources, pour se soustraire à leur juste vengeance, que la résolution désespérée de se suicider. Sans le dévouement de sa famille et l’assistance qu’elle reçut de deux cœurs généreux, on ne sait ce que serait devenu son cadavre jeté si précipitamment dans un coin de la citadelle[1],

    1,500,000 de campêche, etc. Mais le coton se produisait dans l’Artibonite, et le sucre principalement dans le Nord, et il y a lieu de croire que l’exportation générale du rojaume était un peu plus considérable.

  1. Ayant visité cette forteresse en 1824, on me fit voir l’endroit où ce cadavre fut placé ; un morceau du hamac qui avait servi à le porter était détaché du reste, par la dégradation de la terre qui le recouvrait. Avisé que le toit du cavalier était en mauvais état, le président Boyer avait fait poser un plancher au-dessus de la partie où reposaient les restes de Henry Christophe, pour les garantir de la pluie ; mais ce plancher se pourrit avec le temps, et les ossemens étaient à découvert en janvier 1848, quand j’allai visiter la citadelle une seconde fois.

    Revenu au Cap-Haïtien, j’engageai les secrétaires d’État Hyppolite et J. Paul, mes col-