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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/451

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tous rester à leurs commandemens pour le maintien de l’ordre, à l’exception toutefois du général Borgella qui fut mandé avec le régiment d’Àquin[1]. Les généraux Lys et Francisque furent aussi appelés par le président.

Dans tous ces lieux, comme au Port-au-Prince, l’enthousiasme des troupes fut à son comble. Chacun de ces braves soldats, de même que leurs officiers, comprit à l’égal du Président d’Haïti, que la Providence avait marqué la fin du règne affreux de Henry Christophe dans l’insurrection de Saint-Marc, et que la République réclamait le concours de tous ses défenseurs ; à la voix de leurs chefs, ils se réunirent sans effort sous leurs drapeaux. Néanmoins, le 8 octobre, le président publia un ordre du jour à ce sujet, parce qu’un gouvernement doit toujours se faire entendre en de telles circonstances. La réunion successive des troupes à la capitale, donna lieu à la formation de diverses colonnes qui, sous les ordres des généraux Nicolas Louis, Bergerac Trichet et Frédéric, se rendirent à Saint-Marc.


Tandis que les généraux Romain, Guerrier et Bazin soutenaient sa cause contre cette ville rebelle, le Roi d’Haïti voulut leur envoyer de nouvelles forces pour l’enlever et la punir d’une aussi horrible trahison. À cet effet, il expédia l’ordre au général Richard, duc de la Marmelade et gouverneur du Cap-Henry, de réunir les troupes de cette ville afin de les mettre en marche : c’était le 6 octobre. Mais Richard était l’un des principaux auteurs de la conspiration qui s’ourdissait depuis quelques mois, s’il n’en fut pas le chef : d’accord avec ses complices, il

  1. Le colonel Colin remplaça Borgella provisoirement à Aquin dont il commandait lu place.