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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/450

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subi une canonnade des plus vives. Le général Bauvoir se montra fidèle à ses antécédens du Môle et de la ligne extérieure du Port-au-Prince.

C’était encore à Romain et Guerrier qu’il opposait son intrépidité, comme à ces temps reculés. Le général Guerrier étant arrivé au secours de Romain, ils avaient pu tenter cet assaut. Mais, dans la soirée du 9, ils évacuèrent les forts qu’ils occupaient, pour se rendre au Cap. Non-seulement ils avaient pu savoir l’arrivée des troupes sous les ordres de Marc Servant, mais ils avaient appris le suicide de Christophe qui avait eu lieu 24 heures auparavant.

S’il est vrai qu’une conspiration avait été formée contre lui dans le Nord, il est impossible que ces deux principaux généraux n’en aient pas fait partie. En combattant contre la garnison de Saint-Marc et pour la cause royale, c’est que la soumission de cette place à la République d’Haïti contrariait leur plan primitif, qui était d’établir un gouvernement indépendant d’elle. Quel qu’il dût être, l’évacuation qu’ils opérèrent facilita la défection, en faveur de la République, des corps de troupes de l’Artibonite, la 4e, la 20e, etc., et des populations de ces quartiers.

Aussitôt l’arrivée, au Port-au-Prince, des officiers porteurs de la tête de Jean Claude, le président avait expédié l’ordre au général Benjamin Noël de se tenir prêt avec ses troupes pour marcher sur les Verrettes, afin d’aider aux défections et de seconder la place de Saint-Marc dans sa résistance. Il avait écrit également à tous les commandans d’arrondissement de l’Ouest et du Sud, de réunir celles qui étaient sous leurs ordres respectifs et de les envoyer à la capitale, — ces officiers supérieurs devant