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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/424

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oubliera jamais… Vous allez retourner dans vos quartiers respectifs, vous délasser de la pénible campagne que vous venez de terminer. Au sein du repos que vous allez goûter, rappelez-vous sans cesse que, si vous avez vaincu dans la Grande-Anse des difficultés qui paraissaient insurmontables, il vous reste encore plus à faire ! … Soyez donc toujours attentifs à ma voix et prêts, au premier signal, à marcher avec moi là ou il faudrait arriver pour consolider la stabilité et la gloire nationale… »

Un paragraphe de cet acte important s’adressa aux habitans de la Grande-Anse, pour leur recommander de cultiver leurs terres, et surtout d’user de justice, de fermeté et de bonté envers les cultivateurs, particulièrement les rebelles qui s’étaient soumis.

On peut dire qu’à partir de ce jour mémorable, Boyer avait complètement gagné l’affection et l’estime de toute l’armée républicaine. L’exemple tracé par les généraux était d’une influence notable sur cet heureux résultat, qui allait garantir de longues années de tranquillité au pays.

Après avoir parcouru les diverses communes de la Grande-Anse, le président se rendit aux Cayes où il fut accueilli en pacificateur de ce beau quartier ; il y fut fêté, et au spectacle, une daine lui récita des vers à sa louange[1].

Les citoyens du Port-au-Prince voulurent aussi lui préparer une réception magnifique. Ils érigèrent un arc de triomphe à l’entrée sud de cette ville, où ils se por-

  1. Parmi ces vers, nous citerons ceux-ci :

    Doué d’un cœur sensible autant que belliqueux.
    Il désire la paix sans redouter la guerre :
    Entreprenant, actif, doux, et pourtant sévère,
    Il se sert du pouvoir pour faire des heureux.