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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/380

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qu’il en désirait le bonheur et la prospérité, et il lui en a procuré le plus qu’il a pu. Mais peut-être a-t-il poussé trop loin la crainte qu’on le crût influencé, même par de simples avis qui lui auraient été donnés[1].


Dans cette session législative, la chambre des représentais déchargea le secrétaire d’Etat de toute responsabilité, par rapport aux comptes généraux des finances pendant les années 1811 à 1817 inclusivement. Peu de jours après, ce grand fonctionnaire publia un avis au commerce, pour avertir les consignataires qu’il ne serait plus reçu dans les douanes, des supplémens aux factures originales et aux manifestes exigés d’eux, après ceux qui auraient été d’abord présentés à cette administration pour l’entrée des marchandises. Cet avis prouve qu’ils voulaient continuer une pratique qui facilitait des fraudes dans la vérification des marchandises.

Le président avait fait une visite d’inspection dans les lignes de Trianon. Accueilli avec enthousiasme par le général Benjamin et ses subordonnés, il émit un ordre du jour qui les signala tous comme ayant acquis des droits à la reconnaissance publique, par leur exactitude à remplir leurs services, tout en déclarant sa satisfaction du zèle et du bon esprit de l’armée en général : une revue de solde fut annoncée eu même temps, ce qui était propre à satisfaire également l’armée.

  1. Voyez à ce sujet les Mémoires d’Inginac, page 31 et 35. Il n’est pas un seul fonctionnaire public, parmi ceux qui approchaient le président Boyer, qui ne puisse attester ce que j’en dis moi-même ; et je rappelle ici que, sous son gouvernement, en 1840, je publiai un écrit politique où, tout en le défendant contre des imputations injustes, je dus protester de n’être pas son conseiller habituel, en affirmant « qu’a ma connaissance, le Président d’Haïti n’a aucun conseiller, qu’il n’est sous l’influence de qui que ce soit. »