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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/320

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Cet ouragan avait frappé surtout dans l’Ouest, et au Port-au-Prince particulièrement : des sources nombreuses avaient jailli dans les quartiers de cette ville, voisins du rivage de la mer, ce qui y occasionna de véritables cloaques par les immondices qui s’y accumulaient. Le mouvement souterrain des eaux fut tel, que les deux lacs, appelés Étangs Saumâtre et Salé, ordinairement éloignés l’un de l’autre de deux lieues, se rapprochèrent à un-quart de lieue. Le Port-au-Prince étant mal tenu sous le rapport de la propreté, cet état de choses aggrava excessivement l’épidémie dont il s’agit : des fièvres intenses enlevaient les indigènes, la fièvre jaune, les étrangers qui y affluaient. Le 15 février 1818, elles continuaient encore, et elles durèrent même toute cette année.

Un article parut ce jour-là sur le Télégraphe, dans lequel un particulier appela l’attention des autorités sur la malpropreté des rues et des quais de la ville, sur l’air vicié, malsain, que respirait une population agglomérée ; cause des mortalités nombreuses, disait-il, qu’elle essuyait depuis plus de 15 mois ; et il conclut à proposer de ne plus faire les inhumations au cimetière intérieur, situé au quartier du Morne-à-Tuf, lesquelles pouvaient contribuer aussi à l’épidémie[1].

Sept jours après, le 22 février, un autre article fut publié sur le même journal par le conseil de notables, qui fit savoir au public que ces réflexions avaient été prises en considération ; que l’autorité avait ordonné l’éta-

  1. Cet article fut reproduit sur l’Abeille haïtienne, avec de nouvelles réflexions de son rédacteur qui engageait les autorités à prendre des mesures pour la salubrité de la ville. Nous croyons nous rappeler que celui du Télégraphe fut écrit par Daumec, qui publiait quelquefois des choses utiles sur ce journal. Nous les avons sous nos yeux.