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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/304

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Cependant, et en preuve de l’inconséquence du gouvernement des États-Unis, tandis que la frégate le Congres était au Cap, le brig de la République la Confiance faisait flotter l’emblème de la Nationalité d’Haïti dans le portée la Nouvelle-Orléans, à la confusion des anciens colons de Saint-Domingue, qui s’y étaient réfugiés depuis longtemps. Ils firent retentir leurs plaintes dans les journaux, accusant les Américains de tiédeur, et parce qu’encore de jeunes enfans, de la classe de couleur de cette ville s’avisèrent de parcourir les rues avec un petit drapeau haïtien, au cri de : Vive Pétion ! [1]

À peu près dans le même temps, trois navires de Bordeaux arrivaient au Port-au-Prince, ayant à leur bord des citoyens d’Haïti, et le peindre français Barincou que le président employa à faire les portraits des généraux de la République, qui décorent la grande salle du palais national[2]. Grâces au talent de ce peintre, on a pu conserver l’image de ces braves défenseurs de la patrie, et celle du chef auguste dont chaque acte offre à la postérité la preuve d’un sentiment louable.

Mais, pendant que Pétion accueillait les Français et leurs navires, la Cour royale de Bordeaux, plus influencée par le dépit et le préjugé que par la justice, rendait un arrêt odieux dans ses termes, entre Dravermann qui prit l’initiative dans le rétablissement du commerce entre la France et Haïti, et le capitaine Hoog, d’un navire lusse que ce négociant avait affrété pour importer des

    été délivré par le Secrétaire d’État des États-Unis d’Amérique, J.-Q. Adams, » disait son arrêté du 22 juin qui accordait l’exequatur à cet effet.

  1. Abeille haïtienne du 1er septembre, suivant le rapport fait par le capitaine de la Confiance, à son retour au Port-au-Prince.
  2. Parmi ces portraits, il s’en trouve trois qui ont été faits par Denis, peintre haïtien, le même qui a fait ceux des grands capitaines que l’on voit dans le salon de Volant Le Tort.