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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/156

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Privés d’un commerce régulier, par les événemens de la guerre continentale de l’Europe, nous sommes parvenus, par une sage économie, à éteindre la dette publique. L’armée a été habillée, secourue, autant que les temps ont pu le permettre : les troupes sur nos frontières, qui se sont agrandies par la jonction de l’arrondissement du Mirebalais et du quartier des Grands-Bois, reçoivent régulièrement leurs besoins. Les transactions du gouvernement ayant été exactement acquittées, nous avons trouvé, dans les commerçans étrangers, le zèle et la bonne volonté que nous pouvions désirer.

Je croirais n’avoir rien dit, citoyens Sénateurs, si je ne faisais l’aveu public de tout ce que l’État doit au généreux dévouement que vous n’avez cessé de manifester dans toutes les circonstances, et combien il est glorieux pour vous d’avoir coopéré, dans les momens les plus difficiles, à la prospérité et au bonheur de la République.

Je jure de remplir fidèlement l’office de Président d’Haïti, et de maintenir de tout mon pouvoir la constitution.


Cette cérémonie politique fut suivie de la cérémonie religieuse où un Te Deum chanté avec pompe, consacra aux yeux du peuple la continuation du pouvoir exécutif dans les mains de Pétion. Le soir, il réunit la plupart des assistans dans un grand banquet national au palais de la présidence, et la population du Port-au-Prince éclaira cette ville par une brillante illumination, emblème de sa joie, de son bonheur.

Comme on le voit, le discours prononcé par le président du sénat, résume en peu de mots la brillante carrière politique et militaire de Pétion, à partir du jour de sa prise d’armes au Haut-du-Cap, en 1802. Il y avait une convenance d’actualité à rappeler ce fait intelligent et patriotique, dans le moment où l’on était menacé d’une invasion par la France, et où Christophe venait de s’efforcer de l’accuser de projets de trahison envers son pays, pour favoriser cette puissance dans le réta-