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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/60

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L’administration des finances, dont le besoin était plus promptement senti, fut placée sous la direction du général Vernet, nommé ministre des finances. Des administrateurs, des contrôleurs, des trésoriers, des directeurs de douanes, des directeurs des domaines, et tous les employés secondaires que nécessitait cette branche du service public, furent établis partout.

On conçoit que les secrétaires du gouverneur général devinrent ses conseillers privés. Toutes les affaires du pays finirent par se décider uniquement sous leur inspiration. Une lutte d’influence s’établit naturellement entre eux, et c’était à qui flatterait mieux les passions du chef pour régner sur son esprit. Les traditions de l’époque rapportent cependant que Dessalines était animé des meilleures intentions envers son pays. S’il avait été plus éclairé, il eût pu mieux le gouverner qu’il ne le fit par la suite.

Préférant le séjour de l’Artibonite à tout autre lieu, il se résolut à fixer le siège du gouvernement à Marchand-Laville. L’établissement d’une ville, appelée Dessalines quelques mois après, fut commencé aussitôt. En outre des motifs particuliers de préférence qu’avait le gouverneur général pour ce séjour, il y avait aussi une idée militaire et politique qui le portait à fonder cette ville au pied des montagnes des Cahos. Cette position était assez centrale par rapport à l’ancienne partie française ; elle pouvait être bien fortifiée, et elle eût formé un dépôt considérable d’armes et de munitions de guerre qui alimenterait la force publique, en cas de nouvelle invasion de la part de la France : avantage que ne présentait aucune des villes bâties sur le littoral. Dans l’ancien régime colonial même, il avait été question plus d’une