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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/300

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le 10 octobre 1806, à commercer par privilège exclusif avec Haïti, elle doit avoir été écrite vers cette èpoque. »

Précédemment, M. R. Sutherland avait dit au comité parlementaire, que : « son père était négociant et agent anglais à Haïti, parce qu’à cette époque il n’y avait pas d’agent accrédité, et qu’il en remplissait les fonctions. »

Ce dernier termina sa lettre par ces mots :

« Ce que je sais de l’attachement de Dessalines pour l’Angleterre ; d’un autre côté, sa politique, sa prudence et son intérêt personnel, m’autorisent à dire que l’on peut faire avec lui un traité qui assurera à la Grande-Bretagne la plus forte partie du commerce lucratif de cette île, et sera pour elle une source importante de richesse nationale, en ce que tous les produits précieux de Saint-Domingue lui seront remis en échange de ceux de ses manufactures. »

On peut donc conclure de cette lettre, que l’acte du 10 octobre, ou adresse, est celui qui, examiné par un conseil privé, accorda à Robert Sutherland le privilège personnel exclusif dont parle son fils : acte qui ne put avoir son effet, par la mort de Dessalines survenue sept jours après. On voit aussi que cette lettre était adressée, probablement au gouvernement britannique, puisque R. Sutherland en était un agent, quoique non accrédité, et qu’il provoquait un traité de ce gouvernement avec celui de Dessalines, par lequel ce privilège, ou monopole, eût été étendu à tous les commerçans anglais.

Dans sa lettre, il disait encore que les produits d’Haïti, en 1806, ne s’élevaient qu’à 15 millions de livres de café, 10 millions de livres de coton, et 4 millions de livres de