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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/255

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Prenez Dessalines avec ses idées originales et son expérience de la révolution de Saint-Domingue, vengeresse des crimes du régime colonial pendant trois siècles, et vous le trouverez conséquent avec lui-même, logique en tous points. Malheureusement pour lui et pour son pays, il ne put comprendre que son rôle de révolutionnaire étant rempli, celui d’administrateur, de gouvernant, commençait après ses glorieux succès dans l’œuvre de l’indépendance.


En cette dernière qualité, le 1er février, il rendit un décret qui contenait des dispositions sur l’organisation de la marine militaire, sur celle de la marine marchande, autrement dit le cabotage, sur les mouvemens des ports de l’empire, sur la pêche qui se fait sur les côtes, sur les salines établies sur le littoral, etc. Ce fut, dit le décret, sur le rapport du ministre de la guerre et de la marine. Le général Gérin, qui avait été marin du cabotage dans l’ancien régime colonial, se donna pleine carrière dans cet acte où il fît un amalgame d’idées, de dispositions puisées dans les lois françaises sur toutes ces matières. Il y en avait certainement de très-convenables, mais

    de tuer et d’incendier, pour réussir dans son projet. Dessalines lui aura même fait fournir des armes et des munitions, en lui permettant de recruter de jeunes Haïtiens qui seraient partis avec lui, en grand nombre. Mais nous relatons les choses d’après d’autres traditions, et nous ne comprenons pas que Dessalines eût confié des Haïtiens à l’expédition aventureuse d’un blanc qui allait agir dans un autre pays. Ce n’est pas Dessalines qui eût pu faire cela.

    Miranda, de retour à Venezuela, en 1810, après le soulèvement opéré à Caracas, au nom de Ferdinand VII contre Napoléon, y devint génèral en chef. Le 5 juillet 1811, l’indépendance fut proclamée contre l’Espagne ; mais le 26 juillet 1812, Miranda fut contraint de capituler, après une bataille donnée à Vittoria : devenu prisonnier de guerre, il fut envoyé à Porto-Rico et delà dans les cachots de Cadix où il mourut, justifiant ainsi la prédiction de Dessalines sur le sort qui lui était réservé.