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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/240

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salines, prêt à agir quand le moment serait venu de le faire.

Romain, inféodé à ses vues secrètes, les connaissant parfaitement, appuya son ancien colonel de la 1re demi-brigade, en raisonnant comme lui.

Quant à Pierre Toussaint, ancien libre du quartier de l’Artibonite, homme de bien, d’un caractère modéré, il ne put qu’adopter les conseils du général en chef, qui entraient dans ses sentimens intimes : il avait d’ailleurs vu à l’œuvre de l’indépendance Pétion et Geffrard ; il connaissait toute leur ancienne conduite ; toujours si honorable.

Dessalines resta frappé des objections de Christophe ; il parut convaincu qu’il fallait attendre un moment plus propice à ses vues sanguinaires ; et, recommandant à ces trois officiers le silence le plus absolu sur sa communication secrète, il reparut au bal où il dansa de nouveau.

Mais H. Christophe voulut sa perte plus que jamais : il s’en ouvrit à Romain pour trouver le moyen d’avertir Geffrard surtout, qui lui paraissait plus propre à recevoir une telle confidence, à raison de son mécontentement antérieur. Christophe se persuadait que Geffrard en parlerait à Pétion, et se ménageait par là un entretien avec eux. Or, Romain avait alors pour secrétaire, un homme de couleur nommé Bély qui avait servi dans le Sud et qui était connu de Geffrard dont il lui avait souvent parlé. Ce fut Bély qui reçut la mission de prévenir Geffrard de ce qui s’était dit dans la chambre de l’empereur : il s’en acquitta dans le palais même.

De son côté, Pierre Toussaint, alarmé d’un projet qui lui parut si funeste à Dessalines personnellement, confia ce secret à Charlotin Marcadieu qu’il connaissait fort dé-