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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/153

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en ce moment, il assistait son frère et concitoyen contre cet ennemi commun ! Mais, sept années plus tard, à son tour, Magny faisait diriger de nombreux boulets contre Pétion, et se joignait presque en même temps à lui, pour rester désormais étroitement unis ensemble par les liens d’une estime et d’une amitié réciproques[1] !


Dessalines, parti du quartier-général de Galar dans la soirée du 28 mars, ne mit que quatre jours pour se rendre à Marchand, distant de 120 lieues de ce point, tant il croyait à la prochaine arrivée d’escadres françaises. Toutes les divisions de l’armée revinrent bientôt, pour reprendre leurs cantonnemens respectifs ; non pour se reposer des fatigues de cette infructueuse campagne, mais pour continuer les travaux des fortifications élevées dans les montagnes.

Le 12 avril, une adresse de l’empereur au peuple fut publiée, pour mettre tous les Haïtiens à même de savoir ce qu’avait produit la campagne entreprise contre la partie de l’Est, et la ville de Santo-Domingo particulièrement, pour leur dire les motifs qui le portèrent à renoncer momentanément à cette conquête, et les inviter à se préparer à une nouvelle lutte contre les Français. On y remarque les passages suivans :


Décidé à ne reconnaître pour limites que celles tracées par la nature et les mers… je résolus d’aller me ressaisir de la portion intégrante de mes Etats… une force armée fut déployée contre la partie ci-devant espagnole… Il était naturel de penser que les indigènes espagnols, ces descendans des malheureux Indiens immolés à

  1. En 1812, au siège du Port-au-Prince, où Magny fit défection envers la République d’Haïti.