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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/149

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Aussitôt l’apparition de l’escadre, Dessalines fit donner l’ordre à Papalier et Aoua de retourner aux Cayes. Une frégate fut détachée à la poursuite du Vengeur qui eut le temps de gagner le port d’Aquin : elle revira de bord, alors, et fut probablement capturée elle-même par les vaisseaux anglais[1].

Les renforts survenus à la garnison assiégée, et les communications qu’il reçut de l’étranger, devaient décider Dessalines à lever le siège de Santo-Domingo. Cependant, on assure qu’il persistait à vouloir donner l’assaut, et que ce fut le général Pétion qui, dans une nouvelle réunion des généraux, lui représenta l’inutilité d’occasionner la mort de tant de braves officiers et soldats pour enlever cette place, qu’il faudrait ensuite abandonner, si des escadres françaises venaient à paraître dans la partie occidentale de l’île. Ces raisons le déterminèrent : l’ordre fut donc donné aux divers généraux de division de lever le siège dans la nuit du 28 mars[2].

Dès le 25, l’empereur avait fait enjoindre aux commandans des bourgs sur la route, « de rassembler tous les habitans et de les coinstituer prisonniers, pour, à son premier mot, faire refluer eux, tes bestiaux et les animaux dans

    qui prétendent ; au contraire, que cette escadre fut prise ou détruite par les Anglais, sur les côtes de Santo-Domingo. Cependant j’ai lu au ministère de la marine des rapports qui constatent que le 16 février, avant l’arrivée de l’armée haïtienne, un premier combat naval y eut lieu, dans lequel 3 vaisseaux français et une corvette furent capturés par les Anglais et deux vaisseaux brûlés par eux, étant échoués ; et qu’un second combat eut lieu sur ces côtes, à la fin de mars, dans lequel les vaisseaux français furent encore capturés. Ces derniers étaient donc ceux qui débarquèrent les troupes, le 28 mars ; mais il est probable que ces troupes ne montaient pas à 4, 000 hommes.

  1. On nous a dit que notre compatriote Hérard Dumesle se trouvait sur le Vengeur, avec Papalier dont il fut le constant ami.
  2. J’ai souvent entendu parler de ces observations de Pétion à Dessalines.