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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/463

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tution qui fît naître l’idée de l’expédition : elle était déjà résolue. Nous tirons encore cette induction du passage suivant de l’Histoire de France par Bignon :

« Dans les préliminaires de Londres, le Premier Consul avait posé, comme condition absolue, la restitution de toutes les possessions françaises dans les deux Indes. Avec de telles dispositions, il était naturel que l’importante colonie de Saint-Domingue eût surtout appelé son attention et ses soins… Des communications préalables avec le cabinet de Londres avaient donné l’assurance que cette expédition ne rencontrerait de sa part aucun obstacle[1]. »

Selon cet auteur, — qui réfute tous les motifs allégués par divers ouvrages, même ceux énoncés dans les Mémoires de Sainte-Hélène, en disant : « Le prisonnier de Sainte-Hélène, écrivant d’après des souvenirs plus ou moins exacts ;…» — les vrais motifs de l’expédition étaient : 1° que T. Louverture avait refusé d’écrire sur les drapeaux de ses régimens les paroles ordonnées par l’arrêté consulaire ; 2° qu’il était suspect depuis longtemps de viser à l’indépendance de la colonie ; 3° qu’on était mécontent de la prise de possession de la partie espagnole et de l’arrestation de Roume ; 4° enfin, que sa constitution acheva de le perdre dans l’esprit du Premier Consul.

M. Lepelletier de Saint-Rémy, dans son ouvrage déjà cité, attribue positivement l’expédition à l’influence de l’Impératrice Joséphine, qui devint l’intermédiaire entre le Premier Consul, désirant l’entière pacification de la Vendée, et les nobles de la Vendée et de la Bretagne dont beaucoup parmi eux étaient propriétaires à Saint-Domingue, par leurs alliances avec les filles des premiers colons.

  1. Tome 2, p. 128.