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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/363

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Autres bons principes ; mais la plupart des emplois étaient occupés par les blancs et les noirs ; il n’y avait de mulâtres employés, que ceux qui s’étaient soumis au joug ; tous les autres, et les noirs anciens libres, épargnés des massacres de 1799 et 1800, en étaient soigneusement écartés. L’assassinat de Gautier, les entraves mises à l’acquisition des terres par les noirs cultivateurs, disaient quelle foi il fallait donner à ces principes de punition et de protection légales.

« 6. La religion catholique, apostolique et romaine y est la seule publiquement professée. »

Cette disposition était réellement exécutée : T. Louverture y trouvait un des appuis de son autorité, par le concours des prêtres qui prêchaient constamment la soumission à ses ordres, qui le représentaient comme l’élu de Dieu… jusqu’au moment où parut l’expédition française, sans en excepter l’évêque Mauvielle, si bien accueilli par le général en chef.

« 9. Le mariage, par son institution civile et religieuse, tendant à la pureté des mœurs, les époux qui pratiqueront les vertus qu’exige leur état, seront toujours distingués et spécialement protégés par le gouvernement. Le divorce n’aura pas lieu dans la colonie. »

T. Louverture prêchait sans cesse, il est vrai, le mariage à ses fonctionnaires, à tout le monde ; il le recommandait comme nécessaire aux bonnes mœurs, et il avait raison en principe. Mais Pamphile de Lacroix n’a pas oublié de faire connaître dans ses Mémoires, la découverte faite par lui et le général Boudet : « d’un double fond dans une caisse contenant des documens importans, où se trouvaient des tresses de cheveux de toutes couleurs, des bagues, des cœurs en or traversés de flèches (celles