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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/310

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continuer leur esclavage dans les colonies espagnoles, ou dans les colonies anglaises si le navire est capturé, et il n’ordonne pas impérativement qu’ils soient débarqués sur le champ, pour être libres comme tous les autres hommes, dans un pays appartenant désormais à la France qui avait proclamé la liberté générale ! Il prie celui qui a permis tant d’autres enlèvemens, qui a souffert le trafic des noirs de la colonie française dans la partie espagnole, devenue française depuis le 22 juillet 1795 ! Il ose reconnaître aux Anglais le droit de retenir les noirs de Saint-Domingue dont ils se seraient emparés, parce que les esclaves ne sont point compris dans les échanges de prisonniers ! Tous les noirs de ce pays n’étaient-ils pas déclarés libres et citoyens français depuis 1793 et 1794 ? Il admettait que la France ne serait pas dans le devoir de les réclamer à titre de citoyens français et de retenir autant d’Anglais prisonniers, pour obliger la Grande-Bretagne à leur échange contre ces noirs ! Il dit encore que c’est par le seul motif de leur utilité pour la culture, que, dans la partie française, on empêche aux colons d’en amener avec eux ! Ces noirs de la partie française n’étaient donc pas des hommes libres sous son gouvernement, qu’ils fussent domestiques ou cultivateurs ?

En lisant cette lettre et celle du 1er juin 1800, qu’il écrivit au général Agé[1], qui pourra nier qu’il était conséquent avec sa promesse faite de traiter et de gouverner la partie espagnole comme par le passé, qu’il ne fallait rien changer au système qui y existait, et qu’il regrettait sincère-

  1. Voyez le 5e chapitre du 4e livre, page 170 et 171 de ce volume.

    L’article 9 du traité de Bâle n’accordait que l’espace d’une année à compter de sa date, aux habitans de la partie espagnole, pour se transporter avec leurs biens dans d’autres possessions de S. M. C. Donc en 1801, ils