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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/206

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Pétion, Bellegarde, Dupont et Millet, les quatre officiers exceptés de l’amnistie de T. Louverture, s’y embarquèrent aussi pour Curaçao. Sur le même navire ou d’autres étaient B. Déléard, Bonnet, Dupuche, Birot, etc. À Jérémie, au Corail, s’embarquèrent Dartiguenave, Geffrard, Faubert, Blanchet, Delva, Lys, J.-P. Boyer, etc., les uns pour les États-Unis, les autres pour l’île de Cuba. Des familles entières s’expatrièrent pour fuir les proscriptions. Ce fut une débâcle générale.

Des navires de guerre des États-Unis, placés expressément sur les côtes de Saint-Domingue, capturèrent plusieurs des bâtimens qui les portaient ; mais, quoique aidant T. Louverture dans son œuvre de pacification, ils eurent assez de pudeur pour ne pas les livrer à sa générosité : ils furent emmenés aux États-Unis.

De ces divers lieux, plusieurs de ces officiers du Sud se rendirent ensuite en France[1].


Le sauf-conduit de Roume, la proclamation de T. Louverture du 20 juin et ses instructions envoyées aux trois

  1. « De Saint-Thomas, Rigaud se dirigea à la Guadeloupe. Il y arriva le 17 septembre. Il en partit le 2 octobre. Fait prisonnier par les Américains et conduit à Saint-Christophe, (où il resta un mois en prison et fut relâché sur parole), il rentra à la Guadeloupe le 1er novembre ; et après un séjour forcé à la Guadeloupe, il put se rendre à Bordeaux où il débarqua le 31 mars 1801 ; et il arriva à Paris le 7 avril. » (Vie de Toussaint Louverture par M. Saint-Rémy, p. 298, d’après diverses lettres de Rigaud au ministre de la marine.)

    Lys, J. P. Boyer et d’autres, capturés en sortant du Corail, furent maltraités par un capitaine américain qui les mit dans la cale. Aux États-Unis, ils furent réclamés par M. Pichon, consul français, qui les fit partir pour Bordeaux. Les francs-maçons d’une petite ville leur prodiguèrent une assistance fraternelle aux Etats-Unis. Devenu Président d’Haïti, Boyer reconnut ces soins, en assistant une de ces familles de bons Américains qu’il fit rechercher. Il reçut plus tard M. le Baron Pichon, comme envoyé du gouvernement de Louis-Philippe.