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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/197

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Sur le premier point, sa vanité l’égarait ; car il n’était pas le gouverneur de la colonie ; il n’était que le général en chef de l’armée. C’est Roume qui était censé être gouverneur, en qualité d’agent. T. Louverture n’aurait donc pas dû avoir la prétention de recevoir une lettre du chef du gouvernement français. Il relevait, de même que Roume, du ministre de la marine et des colonies. Rarement les anciens gouverneurs généraux eux-mêmes recevaient-ils des lettres du Roi. Mais T. Louverture était déjà lancé au galop dans le champ de toutes les prétentions possibles. Sous le second rapport, qui donc avait pu lui donner l’assurance que sa perte avait été résolue avant le 18 brumaire, lorsque le Directoire exécutif s’était montré de si facile composition avec lui ? Seraient-ce encore les colons qui l’avaient prévenu contre Hédouville, qui étaient intéressés à le faire tomber dans tous les pièges, pour le perdre effectivement ?

C’est après avoir vu ces trois personnages, qu’il se rendit au Petit-Goave et publia sa proclamation du 20 juin où il parla de leur mission. Il demanda à Roume un saufconduit pour envoyer Vincent aux Cayes avec deux autres personnes : — Philippe César, noir, et Arrault, mulâtre, anciens libres de Léogane, pour prouver qu’il y en avait encore de vivans, et sans doute pour exercer plus d’influence sur l’esprit de Rigaud, afin de le sommer de se soumettre à ses ordres et terminer la guerre civile. Voici le sauf-conduit :


Au Cap-Français, le 19 messidor (8 juillet), l’an 8e de la
République française, une et indivisible.

L’agent particulier du gouvernement national français à Saint-Domingue,

Autorise par ces présentes, et en vertu des ordres à lui donnés par