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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/189

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été de faire cesser la guerre civile, reçut-elle son exécution six mois après ? Est-ce à l’hiver qu’il faut attribuer ce retard, ou bien à ces diables d’Anglais toujours prêts à barrer le passage aux bonnes actions ?

Par notre long séjour en Europe, nous connaissons tous les inconvéniens de la saison des frimas ; et nous savons aussi de quoi est capable l’activité britannique, pour traverser tous les projets. Mais nous ne nous arrêtons pas à ces considérations, à raison de la haute opinion que nous avons également, de ce que pouvait la volonté de l’homme qui a dit : — « Impossible n’est pas français ; » — paroles d’ailleurs justifiées par des faits aussi extraordinaires que glorieux.

Il y a donc eu, probablement, d’autres réflexions faites à la suite de la résolution prise de faire partir les trois agens.

Roume était maintenu comme agent du gouvernement de la métropole, en même temps que T. Louverture était confirmé général en chef. Or, Roume avait déclaré Rigaud rebelle à l’autorité nationale, et il était d’accord avec le général en chef pour faire la guerre à ce rebelle, il lui avait donné des ordres à cet effet. Leur maintien dans leurs charges respectives implique l’approbation au moins tacite de cette guerre. La laisser continuer pour en tirer le meilleur parti possible, n’importe le vainqueur, est une idée simple ; et les idées simples en apparence sont souvent l’expression de la profondeur des vues, des combinaisons. Celles qu’avait adoptées le Directoire exécutif étaient trop en harmonie avec les idées régnantes alors en France sur ses colonies, pour n’avoir pas été appréciées par le gouvernement consulaire.

Car, d’un autre côté, est-il possible d’admettre que le