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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/295

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qu’à cette époque il ne soit rien innové dans l’état actuel des choses ;

Arrête : l° Que le général Rigaud est et demeure requis de continuer à remplir les fonctions de son commandement dans le département du Sud, jusqu’à ce que le Corps législatif ou le Directoire exécutif en ait autrement ordonné : le rend responsable, en cas de refus, des événemens qui pourraient survenir dans le département.

2° L’invite à prendre dans sa sagesse toutes les mesures qu’il jugera nécessaires, tant pour la sûreté intérieure que pour la conservation d’un département qui a toujours resté fidèle à la République.

3° L’autorise à employer les voies qu’il croira les plus sûres et les plus promptes pour faire passer au gouvernement français toutes les pièces relatives à l’accusation intentée contre lui et consorts, et à provoquer un jugement définitif, seul moyen d’obtenir une paix durable dans le département.

4º Que l’administration continuera provisoirement à être régie comme par le passé et dirigera les finances jusqu’à ce que le gouvernement français se soit expliqué.

5º Que les arrêtés pris en fructidor dernier auront leur pleine et entière exécution.

6° Qu’expéditions du présent arrêté seront envoyées au Directoire exécutif et au Corps législatif, à la commission du gouvernement français séante au Cap, au général André Rigaud, et à l’ordonnateur civil par intérim du département du Sud.


Si l’autorité a des droits qu’elle peut, qu’elle doit exercer dans l’intérêt général, — le peuple, source de tous pouvoirs, a aussi ses droits, des droits antérieurs. En usant de ceux contenus dans cet arrêté, l’administration municipale des Cayes ne fit qu’un bon usage de la puissance populaire : toutes les communes du Sud adhérèrent à ses décisions, parce qu’il s’agissait du salut public, mis en danger par l’agence du Cap.

Mais, si le lecteur se rappelle nos observations faites dans notre introduction, sur la jalousie préexistante entre le Sud et le Nord, il verra ce sentiment traditionnel se réveiller dans toute sa force, par l’injustice de l’autorité