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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/118

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vince ; et il y avait toujours danger à traverser la mer du petit golfe de l’Ouest, par conséquent difficulté pour les électeurs qui seraient nommés dans les assemblées primaires, à se rendre soit aux Gonaïves, soit à Léogane. Dans une telle conjoncture, que devaient faire Laveaux et Perroud ? Scinder l’assemblée électorale, en former une à Léogane, une autre aux Gonaïves, et décider de leur autorité, laquelle nommerait deux députés sur les trois.

Mais, au lieu d’une telle décision, ils rendirent une nouvelle ordonnance le 9 ventôse (28 février), par laquelle ils suspendirent la convocation des assemblées primaires dans toutes les paroisses de l’Ouest, en se rapportant à T. Louverture et à Bauvais pour constater, dit Marec, le point de fait allégué (celui relatif à la population) et pour concilier les prétentions réciproques.

Était ce agir comme des autorités sensées, que de décider ainsi ? Le fait est, qu’ils ne voulaient d’aucune représentation en France de la part de l’Ouest et du Sud, qu’ils y redoutaient l’apparition d’hommes clairvoyans qui eussent pu éclairer la métropole, à raison même de leur position de députés.

Cependant, ni Rigaud ni Bauvais n’observèrent l’une et l’autre ordonnances rendues par Laveaux et Perroud. La première, en fixant à trois, le nombre de députés pour chaque province, établissait arbitrairement un mode de représentation ; car à cette époque, la constitution dite de l’an iii, n’avait point déterminé le nombre de députés pour Saint-Domingue, et n’était même pas encore envoyée officiellement à ces autorités. Ces deux généraux crurent qu’il fallait nommer 6 députés pour chaque province, ainsi qu’on avait fait pour le Nord, en 1793. Bauvais, considérant sans doute que le territoire de l’Ouest soumis