Ouvrir le menu principal

Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/116

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


N’avons-nous pas raison de regretter que Pinchinat ne soit pas parti sur la Vénus ? Que de choses les dépêches de Laveaux n’ont pas mentionnées dès-lors, et contre lui, et contre les hommes de couleur ! Nous ajournons à les faire savoir, pour les grouper au moment où nous parlerons de l’affaire du 30 ventôse.


Laveaux et Perroud avaient consenti à la formation des assemblées primaires dans l’Ouest et dans le Sud, par une ordonnance en date du 29 pluviôse (18 février), rendue sur la demande réitérée de Bauvais et de Rigaud, du 7 février. Elle portait : 1° convocation de ces assemblées primaires pour le 1er germinal (21 mars) ; 2° désignation de la ville de Léogane pour le siège de l’assemblée électorale du département de l’Ouest, et de la ville des Caves pour celui de l’assemblée électorale du Sud ; 3º fixation du nombre de six députés à élire, à raison de trois par chaque département.

« Cette ordonnance, dit le rapport de Marec, quelque répugnance que Laveaux eût à la rendre, dans la crainte de fournir un prétexte d’agitation et de trouble à certains hommes désignés par lui comme des intrigans, et qui commençaient dès-lors à manifester les desseins les plus pernicieux ; cette ordonnance excita le plus vif intérêt parmi tous les bons citoyens.  »

Qui peut douter que parmi ces hommes ainsi désignés dans sa correspondance avec le gouvernement français, Pinchinat ne fût porté au premier rang ? Voilà Laveaux dénonçant secrètement Pinchinat et d’autres ; et cela ne doit pas étonner de sa part, lorsqu’on l’a vu à table chez Martinet, d’après ses propres aveux, se refuser à prendre part à une conversation, et sollicitant ensuite le jeune