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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/109

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Jean-Rabel, d’être les auteurs de ces actes d’insubordination de la part des noirs.

Cependant, Pageot ne pouvant pas réussir à calmer cette effervescence, Laveaux écrivit à T. Louverture qui se transporta dans les montagnes du Port-de-Paix et qui fît arrêter Magnot, le blanc secrétaire d’Étienne Datty, reconnu par lui comme étant l’instigateur des assassinats survenus dans ces montagnes. Quant à Étienne Datty, il le porta à accepter le commandement d’un poste au Moustique, d’après la décision de Laveaux.

Nous venons de dire que ce gouverneur a prétendu que le général Pageot soupçonnait Delair et Levasseur, d’être les instigateurs des faits qui se passaient à plus de vingt lieues de Jean-Rabel. Mais nous lisons dans un rapport fait le 1er mars 1797, au conseil des Cinq-Cents, par Marée, d’après les documens transmis en France par Laveaux, que, suivant Pageot lui-même, « c’étaient les Anglais qu’il accusait de vouloir mettre dans la colonie, la guerre civile entre les hommes de toutes les couleurs. » Quelle foi peut-on donc avoir aux assertions de Laveaux, quand il accusait incessamment les hommes de couleur de mauvaises intentions, de tous les crimes ? Le même rapport de Marec dit que Labatut, à la Tortue, signalait quelques mauvais sujets dans cette île d’être la cause de la fermentation qui existait parmi les noirs contre les blancs ; et cependant, Laveaux en accuse encore Delair et Levasseur ! Dès-lors ne voit-on pas que ce gouverneur général dressait un plan d’extermination, ou tout au moins de compression odieuse contre les hommes de couleur ?

À propos de cette affaire d’Étienne Datty, il est curieux de lire les passages suivans d’une lettre que T. Louverture lui écrivit, le 14 février, étant encore aux Vérettes et