Ouvrir le menu principal

Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/478

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


mirent eu usage les colons, pour obtenir le décret d’accusation contre eux et leur traduction en France, quand nous rendrons compte des Débats qui eurent lieu entre les accusés et les accusateurs.


Le capitaine Chambon était aussi chargé de porter à Saint-Domingue le décret rendu par la convention nationale, le 16 pluviôse an II (4 février 1794), qui prononçait la liberté générale des esclaves dans toutes les possessions françaises.

On a déjà vu qu’à la fin de septembre 1793, Sonthonax avait fait nommer six députés pour la province du Nord. Ces députés étaient partis du Cap, le 4 octobre suivant, pour les États-Unis. À leur arrivée à Philadelphie, ils furent assaillis par les colons réfugiés et les émigrés français : ces hommes furieux saisirent leurs effets, leur argent, leurs papiers, et les menacèrent de les tuer. J.-B. Belley surtout courut le plus grand danger en cette circonstance. Les colons voulurent le contraindre à arracher la cocarde tricolore qu’il portait à son chapeau ; ils lui prirent son épée, sa montre, tous ses effets, jusqu’à ceux de son enfant qu’il emmenait en France. Mais ce brave noir opposa à leur fureur un courage et une énergie qui triomphèrent de ces misérables. Parti des États-Unis par les soins du ministre Genêt, les députés arrivèrent en France presqu’en même temps que Vergniaud, Louis Boisrond, François Raymond et Castaing, envoyés par les commissaires, après eux, pour informer la convention nationale de la situation de Saint-Domingue. Quant aux députés, ils avaient mission de Sonthonax, de demander la confirmation de la liberté générale des noirs.

Ces députés, en débarquant à Lorient, virent saisir les