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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/459

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près un feu très-vif des vaisseaux, et voyant qu’il ne faisait pas grand effet, on débarqua trois cents Anglais, sous les ordres du major Spencer, qui se réunirent à cinq cents hommes de troupes coloniales pour attaquer le fort du côté de la terre. Or, le fort Bizoton, construit sur un monticule assez élevé du côté de la mer, et se prolongeant au sud, était armé surtout en vue de se défendre contre les vaisseaux : il offrait peu de défense du côté du prolongement du monticule, au sud.

Une averse considérable, occasionnée par ces orages si fréquens sous les tropiques, dans cette saison surtout, survint vers six heures du soir, et fît cesser le feu de la canonnade départ et d’autre ; il était déjà nuit. À la faveur de cette pluie abondante et continue, la colonne des huit cents hommes parvint à surprendre le fort par derrière. On s’y battit cependant à la baïonnette. Montbrun tua un officier qui prétendait le faire prisonnier ; il reçut plusieurs blessures. Mais enfin, il fut forcé de céder au nombre des ennemis, supérieur à celui de ses troupes surprises : ils se retirèrent au Port-au-Prince.

Malenfant, et après lui, Pamphile de Lacroix, affirment que les Anglais pénétrèrent dans le fort par la porte ou barrière d’entrée, qui leur aurait été ouverte par des traîtres. Mais Sonthonax lui-même qui a accusé Montbrun, dit : « À la fin de la canonnade, l’ennemi qui avait débarqué au poste du Lamentin (à la pointe), profita d’un moment d’orage pour prendre le fort par derrière ; à la faveur de l’orage surprit le commandant et la troupe qui s’y trouvaient et qui furent forcés d’évacuer. » Il ajoute, il est vrai : « Ici, je dois faire une réflexion et dire qu’il m’a paru que ce poste n’a pas été défendu, 1º en ce qu’on n’a pas répondu à la canonnade ; en deuxième