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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/414

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le Fort-Dauphin ; il connaissait la plupart des individus de cet endroit. Par l’intermédiaire d’un nommé Motonari, il réussit à gagner les commandans des forts qui défendaient l’entrée de la baie, principalement le commandant du fort Labouque, appelé Vincent. Il ne s’agissait plus que d’introduire l’escadre espagnole dans la baie. C’était une opération hasardeuse par les difficultés qu’en offrait l’entrée. Mais il se trouvait à bord du San-Ramon, vaisseau de 64, commandé par Don Francisco Montès, un pilote de Monte-Christ, nommé Gabriel Alfaro, qui se donnait pour connaître à fond toutes les passes de l’endroit par suite d’une expérience répétée. Il ne fallait plus que de la témérité pour agir : D. F. Montès était homme à tout entreprendre. Le 28 janvier 1794, il se jette dans un canot avec le pilote Alfaro et laisse le commandement de son vaisseau à son lieutenant Don T. Rameri ; la sonde à la main, il conduit le navire au travers de la baie ; les autres bâtimens suivent le San-Ramon el viennent s’embosser devant la citadelle. Pendant ce temps, l’armée espagnole, sous les ordres de Don F. Palomares, s’avance et vient camper sous les murs de la place. Dans cette position, une résistance n’eût fait qu’aggraver le sort des assiégés. L’amiral espagnol, Don Gabriel Aristizabal, somma la place de se rendre. Candy accepta une capitulation honorable, plutôt que de courir après quelques lauriers qui seraient teints d’un sang inutilement versé. Une des clauses de la capitulation était, que jamais les troupes de Jean François ne seraiant admises dans la place. Mais la convention fut violée impunément par les Espagnols. Candy trouva des fers, lorsqu’il croyait avoir obtenu le droit de faire admirer sa