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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/405

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événemens n’influent jamais sur la générosité française.

Comme parmi nous, personne n’est distingué comme supérieur, faisant tous le devoir de soldat, j’ai considéré votre lettre comme adressée au premier soldat de l’armée, et comme je ne cache rien à mes camarades, elle a été ouverte et lue publiquement. Nous sommes tous animés d’un seul et même esprit, celui de nous défendre. Quelles que puissent être vos forces, nous ne nous rendrons jamais. À l’exemple des trois cents Spartiates qui sont morts à leur poste, après avoir terrassé une partie de leurs ennemis, nous défendrons le nôtre jusqu’à la mort… Je veux que mon armée me coupe la tête, si je deviens jamais un traître.

Permettez-moi, maintenant, de me plaindre à vous-même de l’indignité que vous m’avez faite, en me croyant assez vil, assez bas, assez infâme, pour imaginer que cette offre de cinquante mille écus n’exciterait pas tout mon ressentiment. En cela, vous vous êtes fait tort à vous-même. Je suis général ; jusqu’à présent, j’ai mérité de commander l’armée. Vous avez cherché à me déshonorer aux yeux de mes frères d’armes : c’est un outrage dont vous me devez une satisfaction personnelle ; je la demande au nom de l’honneur qui doit exister parmi les nations. En conséquence, avant qu’il y ait une action générale, je vous offre un combat singulier, jusqu’à ce que l’un de nous tombe ; je vous laisse le choix des armes, soit à pied, soit à cheval. Si je suis vainqueur, j’aurai prouvé que je suis digne de commander à des républicains ; si je succombe glorieusement, l’armée républicaine aura un autre chef beaucoup plus formidable, et chaque individu de l’armée imitera mon exemple. Votre qualité d’ennemi ne