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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/380

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Cette relation porte que : « le 17 mars, vers onze heures de la nuit, Montbrun fît faire feu par la légion sur les soldats d’Artois ; que la fusillade était appuyée par l’artillerie. » Et tout à coup, elle ajoute « que ces soldats, qui ne savaient rien de ce qui se passait étaient couchés, et il n’y avait de levés que ceux qui avaient entendu du mouvement, et qui cherchaient inutilement à s’en instruire ; ils furent les premiers sacrirfiés, et ceux qui étaient dans l’intérieur (des casernes) réussirent en partie à se sauver par les fenêtres qui donnaient dans une savane dépendante du gouvernement, où ils se rendirent pour sauver le commissaire civil, qui était exposé dans ce moment à perdre la vie. La garde de sa porte était déjà tuée, et un feu roulant, dirigé dans son appartement, l’obligea de suivre es soldats d’Artois, qui le mirent en sûreté au fort Sainte-Claire. Les femmes, les enfans suivirent l’escorte, et se trouvèrent sous la même protection. »

Il faut que le lecteur sache que les casernes, où logeaient les soldats d’Artois et ceux de la légion, se trouvaient contiguës au palais du gouvernement, par une cour ou jardin placé entre les deux édifices. Si les uns et les autres logeaient ensemble dans ces casernes, où il y avait une vaste cour ou place, il est facile de concevoir que le combat aura commencé entre eux, dans cette enceinte même. Mais, pour donner une couleur de perfidie et de lâcheté à l’attaque ordonnée par Montbrun, le narrateur la fait commencer de nuit, alors que les soldats d’Artois sont couchés.

Malenfant, qui raconte le même fait, colore encore mieux la prétendue perfidie de Montbrun ; il dit « que celui-ci plaça trois de ses complices du côté de la caserne