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Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/333

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ce régime odieux. Nous parlerons de sa fin tragique.

L’énergie des commissaires civils, le dévouement de Rigaud et des chefs secondaires empêchèrent la trahison de s’étendre plus loin.


Ainsi, dans l’Ouest, les paroisses de Saint-Marc, de l’Arcahaie et de Léogane passèrent sous la domination britannique. Les Gonaïves, les Vérettes, la Petite-Rivière et le Mirebalais furent occupés par les Espagnols.


La ville des Gonaïves reçut Toussaint Louverture le 6 décembre. La veille, il venait de s’emparer du Gros-Morne ; il eût pu entrer à Saint-Marc où Savary et les autres hommes de couleur penchaient en faveur des Espagnols ; mais il hésita et s’arrêta aux Gonaïves. Ce fut le 16 décembre que les Anglais arrivèrent à Saint-Marc.

G. Bleck, malade, n’avait pu diriger les troupes. Après la trahison, il fut arrêté et conduit à Saint-Marc et de là à l’Arcahaie. Dans ces deux endroits, il refusa constamment de prendre parti avec les Anglais, qui finirent par l’embarquer pour la Jamaïque et les États-Unis, d’où, quelque temps après, il arriva à Jacmel où se trouvait Bauvais. — Masseron conduisit sa troupe à Saint-Marc, avant l’arrivée des Anglais. Ces militaires européens honorèrent également leurs drapeaux, en refusant énergiquement de prendre part à la trahison : ils furent envoyés aux États-Unis.

Dans le Nord, outre le Gros-Morne, les paroisses de Plaisance, de l’Acul, du Limbe, du Port-Margot, du Borgne, du Petit-Saint-Louis, de Terre-Neuve, se livrèrent aux Espagnols, représentés par Toussaint Louverture,