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pour discuter le projet de protestation au lundi suivant, mais acquis dès le 4, et 21 votèrent contre cette résolution.

On peut concevoir l’agitation qui eut lieu à cette séance du 4 octobre, tant parmi les représentans que dans le nombreux auditoire qui y assistait, quand les paroles véhémentes de D. Saint-Preux remuaient toutes les fibres. Ceux des membres de la Chambre qui étaient en opposition à ses opinions n’osèrent pas aborder la tribune ; ils craignaient les murmures du public, qui accueillaient Daguerre toutes les fois qu’il y montait lui-même ; mais ils se réservèrent une action extérieure, afin de se séparer de la majorité qui venait de décider qu’une protestation préalable serait rédigée contre l’opinion du Sénat et du Président d’Haïti.

À cet effet, le 5 octobre, ils signèrent, au nombre de 31, une protestation contre la résolution de la Chambre et qu’ils adressèrent à Boyer. Après lui avoir dit qu’ils ne voulaient point coopérer à aucun acte subversif de l’ordre et de te tranquillité publique, ils ajoutèrent :

« Nous vous présentons donc, Président, notre protestation qui renferme nos motifs, en nous réservant de les expliquer plus amplement au peuple, si le cas y échet. Nous prions V. E. de ne pas taire ces circonstances à la nation, et d’ordonner que la publicité de ces pièces ait lieu sous le plus bref délai pour notre garantie légale, tant envers elle qu’envers les autres pouvoirs délégués par l’acte constitutionnel. » — La protestation se terminait ainsi : « Nous déclarons, en outre, à la nation et à la Chambre, protester contre tout ce qui a été fait à la séance du vendredi 4 du courant. Nous déclarons de plus à la Chambre notre détermination de ne plus assister à ses séances, jusqu’à ce qu’elle ait pris une marche plus en