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ment, ne prévoyait pas, ne pouvait pas prévoir ; parce que, de plus, en proie à des idées absolues, préconçues, systématiques, elle poursuivait le but qu’elle voulait atteindre sans s’inquiéter de rien autre chose.

La majorité des représentans des communes était réunie au Port-au-Prince dans les premiers jours d’avril ; elle forma le bureau de la Chambre sous la présidence de H. Dumesle qui la dirigeait, en élisant secrétaires, Valencia et Beaugé. La Chambre, constituée, envoya une députation en avertir le Président d’Haïti. Cinq jours après, il vint procéder à l’ouverture de la session, le 16 avril. Accueilli avec tous les égards dus à sa haute magistrature, il improvisa un discours selon la circonstance : ce qui était ordinaireinent, de la part de Boyer, un indice de peu de satisfaction. Néanmoins, transcrivons le résumé de ce discours, que fit la Chambre dans le Bulletin des lois, N° 1er.

« Le Président d’Haïti, prenant sa place, invita les députés à s’asseoir. Un instant après, il prend la parole, et, dans une allocution remarquable, il confirme à la Chambre le succès de la négociation, déjà annoncée par les journaux ; il fait sentir que cette circonstance, affermissant la paix sur des bases inébranlables, dégage le jeu de l’administration publique des entraves qui en ralentissaient l’action ; il dit qu’il espère que désormais tous les fonctionnaires publics, chacun en ce qui le concerne, concourront de zèle au bien du pays ; il ajoute, qu’il était sans doute des améliorations à faire, mais qu’il fallait se garder de l’esprit d’innovation si funeste aux États ; et il termine par faire sentir à la Chambre, que la patrie comptait sur son concours pour opérer le bien. »

Si ce ne fut pas exactement le sens des paroles prononcées par Boyer, le tort lui est seul imputable ; car, consi-