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tion sortis de son sein avaient accueilli les paroles des représentans qui opinèrent en faveur de la décision immédiate ; l’autorité militaire jugea convenable de renforcer la garde ordinaire de la Chambre pour y maintenir l’ordre, à l’intérieur. H. Dumesle s’en aperçut et demanda des explications à ce sujet à l’officier commandant cette garde ; celui-ci lui répondit que sa consigne était d’être entièrement aux ordres du président de la Chambre, pour assurer sa police.

À cette fameuse séance, trois orateurs seulement prirent la parole pour conseiller à la Chambre de se rallier purement à l’opinion du Sénat et du Président d’Haïti : c’étaient Kenscoff, Roquirol et Daguerre. Mais huit autres furent d’avis de protester contre cette opinion avant d’y souscrire : c’étaient Beaugé, Tesson, Lochard, Obas fils, Lartigue, Pierre Charles, Imbert et Loizeau. Ce dernier fit savoir le vrai motif qui portait l’Opposition à vouloir exiger du pouvoir exécutif une liste générale de quinze candidats pour les cinq sénateurs à élire : « Vous n’avez pas oublié, Messieurs, dit-il, que l’année dernière, lors de l’élection des sénateurs Michel et Décossard, élus sur deux listes partielles, les citoyens Rouanez et Calice Bonneaux, recommandables d’ailleurs sous tous les rapports, furent deux fois et successivement proposés, et qu’ils le seraient, 3, 4, 5, 6 et 7 fois même, s’il y avait eu autant de sénateurs à élire. »

Or, malgré le mot « recommandables » dont se servit cet orateur, le fait vrai était : qu’aux yeux de l’Opposition, M. Rouanez passait pour être un favori de Boyer, que M. Calice Bonneaux était considéré comme tel aussi, ayant été aide de camp du Président[1]. C. Bonneaux

  1. En ce moment, il était commissaire du gouvernement près le tribunal de cassation.